L’histoire de l’eau à Bruxelles

An 977
« Broek », en Flamand, veut dire « marais ». En celtique, « bruoc » désigne la végétation des marais, la bruyère, et « sella » signifie « chapelle ». D’où le nom « Bruocsella », qui deviendra Bruxelles. À l’époque de la naissance de la ville, vers l’an 977, dans le fond de la vallée, le cours d’eau impétueux et changeant de la Senne et ses crues fréquentes entraînent, en effet, la formation de marais.

XIIe siècle
Le premier captage d’eau connu est réalisé par les Abbesses à l’Abbaye de Forest. Ils amènent l’eau d’une source jusqu’à des conduits placés sous leurs divers bâtiments.

XIIIe siècle
Les religieuses de l’Abbaye de la Cambre établissent des drains amenant l’eau depuis le Bois de la Cambre.

1302
Les autorités communales érigent une fontaine sur la Grand-Place. Des conduites en plomb y amènent l’eau du puits Pollepel.

1300-1500
L’autorité communale prend de nombreuses initiatives pour acheminer l’eau en ville. Elle acquiert des terrains sourciers et participe aux frais d’installation des conduites qui amènent l’eau à des fontaines publiques et à quelques couvents.

1477
La Senne, devenue un véritable égout à ciel ouvert, mais dans laquelle de nombreux habitants s’approvisionnent encore en eau, est responsable de nombreuses épidémies, dont le choléra. Elle est une première fois comblée sur une partie de son trajet en 1477 et remplacée par le canal de Willebroeck et ses nombreux bassins. Ceux-ci furent voûtés au XIXe siècle pour les mêmes raisons.

XVIIe siècle
La première installation complète voit le jour. Une pompe actionnée par les fortes eaux du Maelbeek à Etterbeek puise jusqu’à 1.000 m³ par jour d’eau des sources du ruisseau Broebelaar. Mais cette eau est encore réservée au Palais et à quelques privilégiés.

XVIIIe siècle
Pour la plus grande part, les habitants s’approvisionnent encore aux 29 fontaines, 76 puits publics, 91 puits des propriétés communales et 8.027 puits privés.

1855
La ville inaugure son premier captage. Il utilise les eaux des sources du Hain, à Braine-L’Alleud. Le réseau principal d’adduction est en place, inauguré symboliquement par un jaillissement d’eau au centre du Parc de Bruxelles.

1858
Le réseau de distribution est maintenant opérationnel. Mais il ne concerne encore que la Ville de Bruxelles et pas les communes périphériques.

1891
Pour permettre une politique globale d’alimentation en eau sur tout le territoire urbain, la Compagnie intercommunale des eaux de l’agglomération bruxelloise (CIE) est formée.

1895
Des travaux titanesques pour l’époque, mais qui se déroulèrent de façon chaotique, visent à construire un aqueduc amenant l’eau des sources du Bocq vers Bruxelles.

1899
Ixelles, Saint-Gilles, Saint-Josse et Schaerbeek reçoivent l’eau de source du Bocq.

1904-1913
En plus des communes fondatrices, dont la consommation croît sans cesse, la CIE dessert de nombreuses communes wallonnes, puis quelques villes de Flandre. Le captage initial ne suffit plus. De nouveaux captages s’ouvrent successivement : Crupet, St Servais, Plancenoit, Onoz. Elle achète les mines de Vedrin. On construit des usines et creuse des galeries. Finalement, c’est Modave qui est investi, considéré comme le seul site capable selon les spécialistes d’assurer à long terme une production suffisante.

1922-1923
Interrompus par la guerre 1914-1918, les travaux de Modave et les conduites amenant l’eau à Bruxelles sont terminés. Des conduites sont construites pour amener l’eau à Bruges, Gand, Ostende et Blankenberghe.

1933
La qualité de l’eau est mieux contrôlée : un laboratoire moderne est installé en 1933 au Bois de la Cambre. Bientôt, l’utilisation de chlore sera introduite pour stériliser les eaux.

Jusqu’à nos jours
Toujours modernisée, toujours plus sûre, l’alimentation en eau n’a cessé de progresser au fil des ans. Aujourd’hui, ce temps des pionniers semble bien loin. Chacun est sûr d’être alimenté de façon régulière en eau de qualité. Mais il est bon de se rappeler que ce droit a longtemps été longtemps un luxe.